Sorties du 11 juin, 24 juin, 14 septembre 2015
Bourg-Saint-Andéol et caverne du Pont-d'Arc

Le compte-rendu est proposé par Annie Rivière et Anne-Marie Ravel, illustré par les photos de Annie Rivière

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Notre sortie hors-Drôme, en Ardèche, reconduite exceptionnellement trois fois, au vu du nombre d’inscriptions, à Bourg-Saint-Andéol puis à Vallon-Pont-d’Arc pour voir la réplique de la grotte Chauvet (récemment ouverte au public) a tenu toutes ses promesses.

 

À Bourg-Saint-Andéol nous attendait notre guide, l’historien et archéologue Hervé-François Orband, dont nous avons pu apprécier l’érudition et l’élégante éloquence. Il nous a conduits aux sources du ruisseau Tourne qui abrite un grand lavoir du XIXe siècle dont les colonnes évoquent un temple grec. Sur ce site du Vallon de Tourne, classé depuis 1934, deux fontaines vauclusiennes sont adossées à une falaise de calcaire : le petit Goul et le grand Goul au pied d’un majestueux viaduc. Entre les deux, se trouve un bas-relief antique qui marque le fond d’un temple dédié au culte de Mithra, rare exemple français de vestige resté dans son site initial. On distingue le jeune dieu enfonçant son poignard dans le cou du taureau. Ce sacrifice rituel préserve le salut du monde menacé par les forces du mal symbolisées par le serpent et le scorpion. Un épi de blé émerge de l’extrémité de la queue du taureau, signe d’une vie nouvelle. Le soleil et la lune offrent à la scène une dimension cosmique.

Aux IIe et IIIe siècles, le culte de Mithra, d’origine iranienne, réservé aux hommes, est très répandu dans le monde romain.

 



Hervé-François Orband

 


Le lavoir du vallon de Tourne

 

        

 

                                                                  

          
                                                  Fontaine vauclusienne

 

                 
                                                           Le grand Goul


Le bas-relief, culte de Mithra
 

 

 

 

H.-F. Orband nous a ensuite guidés jusqu’à l’église dédiée à Saint-Andéol, dont les étages de la toiture s’élèvent progressivement jusq’au clocher. Son abside est située à l’ouest, ce qui reste exceptionnel en France. À l’intérieur, à la croisée du transept, la coupole est d’un type rare avec ses quatre séries d’arcatures aux chapiteaux sculptés entre les trompes. À droite du chœur, se trouve le tombeau du saint. C’est un sarcophage antique qui a été réutilisé pour recevoir les reliques de Saint-Andéol, martyrisé sous Septime Sévère en 208, à Bergoiate, aujorud’hui Bourg-Saint-Andéol.

 

 


L'église Saint-Andéol



Le tombeau-sarcophage de Saint-Andéol

 

 

 

 

 

Puis, passant devant la tour Nicolaÿ, Monsieur Orband explique que Bourg-Saint-Andéol est la ville ardéchoise la plus riche en monuments protégés.

 



 


La tour Nicolaÿ

 

 

 

Dernière étape de la matinée : nous sommes attendus au Palais des Évêques, qui fut résidence épiscopale de 1218 à 1732, puis Petit Séminaire et groupe scolaire privé de la congrégation des sœurs de la Présentation de Marie Rivier de 1854 à 1998. En 2000, le docteur Jacques Lextreyt rachète ce palais aux cent pièces qu’il réhabilite peu à peu magistralement avec une efficace association d’intérêt public, ce qui permet d’ouvrir au public la première dizaine de pièces restaurées.

Jacques Lextreyt et Hervé-François Orband commentent brillamment la visite, dès la cour d’honneur avec sa roseraie, son jardin de simples et de plantes médicinales recréé par Nicole Lextreyt.

 

 

       
                        Devant l'entrée du palais des évêques

 

 



Les explications du Dr Lextreyt



La façade du palais des évêques

 

Une terrasse domine le Rhône et permet d’admirer la façade construite par Claude de Tournon au début du XVIe siècle, imposante avec ses poivrières (type tour de guet) et ses fenêtres à croisée, encadrées de moulures et de colonnes torses. Les lanniers, destinés à canaliser les eaux pluviales pour éviter d’abîmer la façade, soulignent les horizontales. À l’intérieur, subsistent de belles cheminées médiévales dans la prestigieuse salle des banquets et les grandes cuisines du XVe siècle. À l’étage, nous découvrons la chambre de l’évêque avec ses murs peints d’époque Louis XIII, son plafond classé en 1973, dont les motifs peints sur les poutres témoignent d’une iconographie unique en France, orné de 22 cartouches, 16 médaillons, 13 corbeilles et 9 coupes, le tout se succédant dans un ordre harmonieux et dans un souci de symétrie. Nos pas nous conduisent vers le studiolot attenant, duquel le prélat surveillait le Rhône et la chambre aux poutres ornées où a dormi le cardinal Mazarin.

 

 

 


La cuisine


Le plafond classé de la chambre de Mazarin

 

 

 

 

Au rez-de-chaussée, une grande salle voûtée, aux vitraux dessinés par René Margotton et réalisés par l’atelier du vitrailliste Thomas, abrite le musée René Margotton. Ce peintre (1915-2009) fut l’élève de Fernand Léger. Son œuvre, marquée par la lumière, immortalise la femme, aux yeux en amandes, aux longs doigts et à la lourde chevelure.

Après un passage dans la librairie, nous terminons la matinée par un excellent repas concocté par Nicole Ladreyt, émérite cuisinière, dans le grenier d’abondance.

 

Pour en savoir plus : http://www.palais-des-eveques.fr

 

 

 


Le musée Margotton

Le repas dans le grenier d'abondance
    

Notre après-midi fut consacré à la visite attendue de la réplique de la grotte ornée, découverte par Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire en 1994, témoin inégalé d’un très lointain passé vieux de 36 000 ans. La caverne du Pont-d’Arc est extraordinaire, du coup nous nous sommes bien laissés prendre par l’ambiance, indéniablement teintée d’émotion devant ces traces de paumes, de doigts, ces dessins gravés représentant toute une faune de félins, des rennes, bouquetins, ours, mammouths, bisons, mégacéros, lionnes et chevaux.

 



La galerie de l'Aurignacien


Dans la galerie, détail


     
                                            Grotte Chauvet, détail : 4 chevaux

 

 

Aussi captivante fut la découverte de la galerie de l’Aurignacien, avec ses divers bornes et tableaux interactifs, adaptés tout autant aux enfants qu’aux adultes. Là aussi l’émotion était bien présente, en participant modestement à la vie de nos ancêtres du paléolithique.

Pour en savoir plus : http://www.cavernedupontdarc.fr

Voir le site de la grotte authentique : http://archeologie.culture.fr/chauvet/

 

En conclusion, ces retours vers notre passé ont composé une très belle et très instructive journée, unanimement appréciée.

 

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