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Souren Seropian, un excellent soldat

Par Danielle Seropian

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°68 de décembre 2016 pp. 9 à 14

Résumé d'après l'article

 
 

Le camp des Milles, années 1930
 

 

 

Cet article relate la rencontre de l’orphelin apatride que fut Souren Séropian avec la société française, sa société d’accueil, mais aussi de son lien avec la «communauté» arménienne rescapée qui se reconstruit sur le sol français.

Souren Séropian est arrivé sur le quai de la Joliette, à Marseille, le 1er mars de l’année 1927, où l’attend son cousin Garabed.

Lors du génocide de 1915, Garabed, âgé de 13 ans, et Souren, âgé de 4 ans, orphelins, fuient leur village de Pacharag dans la province de Kharpout.
Ne pouvant subvenir à leurs besoins, Garabed remet le petit Souren à l’orphelinat de Kharpout.
Puis en 1925, il lui envoie le passeport et l’argent nécessaires pour qu’il puisse le rejoindre en France.

 
 

 

 

 

 


En 1926 Garabed s’installe près d’Aix-en-Provence où il travaille dans une carrière. En 1928, Souren s’y fait embaucher et y travaillera jusqu’à son mariage.
Valence devient sa ville d’adoption le 8 juillet 1934, date de son mariage et de son installation définitive.
Déjà installée à Valence, la belle-famille de Souren lui trouve un emploi chez un compatriote, Djéranian, qui démarre un atelier de tricotage.
En 1936, Souren fait grève avec un autre salarié arménien, pour dénoncer les mauvaises conditions de travail et obtenir un salaire horaire.
Souren est licencié le 20 juin 1936.
Le  résultat  de  la  grève,  son  licenciement, sont pour lui une longue période de chômage allant jusqu’à la guerre, mises à part quelques courtes périodes de travail.


 

Mariage à Valence, en juillet 1934
 
 

Souren Seropian mobilisé en septembre 1939
 


Souren, recensé le 1er août 1937, est mobilisé le 2 septembre 1939.
Puis c’est le départ pour la  guerre le 29 décembre 1939.
Souren est fait prisonnier le 18 juin 1940 à Aïssey, canton de Baume-les-Dames dans le Doubs, après un combat acharné qui dure plus de 10 heures.
Prisonniers de guerre les Arméniens sont regroupés au stalag XI A, à Altengrabow près de Magdebourg dès le 13 décembre 1940.

Souren y passe 5 ans, sous le N° 79459.
Au retour de la guerre, après bien des vicissitudes de santé et une réinsertion professionnelle,  Souren fait une demande d’acquisition de la nationalité française ; c’est un refus !
Mais une seconde demande aboutit en 1946.
Embauché à la cartoucherie de Bourg-lès-Valence, il faut maintenant trouver un logement, ce qui sera fait rue Pêcherie, dans la basse-ville.

Convaincu que les filles doivent pouvoir subvenir à leurs besoins, Souren a envoyé ses quatre filles à  l’école le plus longtemps possible jusqu’aux études supérieures pour certaines, afin de  ne pas travailler en usine !
Être autonome financièrement et émancipées !
Pour un ouvrier de  cette génération, compte tenu de son histoire et du poids des traditions, c’est exceptionnel !