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Portes ouvertes sur les paysages du Vercors

par Anne Sgard

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°70 de juin 2017 pp. 5 à 9

Résumé d'après l'article

 
 

Falaises
 

 

En 2000, la convention européenne du paysage propose une définition : « Paysage désigne une partie de territoire, telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de  l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. »
Nous chercherons toutefois à affiner quelque peu cette définition pour explorer les paysages du Vercors. Le Vercors, massif, territoire, parc régional, entre Drôme et Isère, est un exemple très représentatif de cette diversité des approches.
Au prisme des représentations culturelles et sociales, le Vercors constitue pour cette approche un véritable laboratoire.
À partir de la fin du XIXe siècle les industriels s’intéressent aux ressources du massif, notamment en bois, les grandes routes du Royans sont construites, les touristes suivent de peu.
Dans les années 1970, quand il devient Parc naturel régional, le  Vercors apparaît comme un emblème de la moyenne montagne.

 
  Sous un angle plus géographique, l’accent est mis sur la matérialité des composantes paysagères et sur la société qui les a façonnées au fil du temps.
L’objectif est alors de lire le paysage pour reconstituer le récit du territoire.
Le Vercors a donné lieu, dès l’entre-deux  guerres,  à une minutieuse lecture de paysage par les géographes grenoblois, Raoul Blanchard  et surtout Jules Blache, qui en fit le thème de sa thèse, en 1931.

Une approche objective du paysage met en avant la complexité des composantes et conçoit le paysage comme la dimension visible d’un système d’éléments naturels et anthropiques en  interaction.
C’est le concept de géosystème introduit par les géographes.
Les géosystèmes de montagne, par leur sensibilité aux fluctuations, apparaissent comme de  véritables laboratoires du changement climatique.
 

La société dauphinoise des amateurs photographes (1898)
 
 

Le Vercors
  Une autre approche se fonde sur les sens, les perceptions, la subjectivité du rapport que  chacun construit avec le paysage.
Comme le dit très bien J.-M. Besse, le paysage est dans  l’expérience, « à la lisière des choses », dans la rencontre entre un sujet et un dehors.
Le  poète, l’artiste apparaissent comme les interprètes privilégiés de cette expérience.
Le paysage peut encore être non seulement un objet mais un outil d’action publique. Il peut être l’objet même du projet ou accompagner un projet de territoire, à divers échelons, de la commune au PNR.
Le Parc naturel du Vercors a été pionnier dans cette réflexion sur le  paysage, sa gestion, son rôle dans le développement à toutes les échelles.
Avec la diffusion  des politiques de développement durable, les démarches de projet font de plus en plus appel à la consultation, voire la participation du public.
Cette introduction du public dans les  démarches de projet n’est pas anodine, elle suppose que l’expertise du professionnel  du  paysage prend dorénavant en compte les perceptions et attentes des habitants.