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Gai, gai, marions-nous

Par Jeannine Démésy

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°80 de décembre 2019 pp. 10 à 13

Résumé d'après l'article

 
 

 


Une petite église méridionale

 

L’auteur présente ici deux mariages de gens modestes qui, malgré leur peu de biens, tiennent à passer des contrats, preuve des fiançailles de leurs enfants, en attendant la célébration  religieuse du mariage, en général, le jour même ou le jour suivant.
Dans les registres de Me Bonnet, de Grignan, se trouve le contrat de mariage de César Coustaury et Angélique Maurent, passé le 21 janvier 1668. Les fiancés ayant promis de se marier en face de notre Sainte Mère Église Catholique, on passe ensuite aux questions matérielles.
En premier lieu, la constitution d’une dot : la somme de  oixante livres tournois, payables en quatre années et quatre payements égaux, le premier se faisant dans un an. Puis « trois eymines huile », « deux linseuls » et « une fede menant son agneau ».
Des membres de la famille Maurent font aussi quelques cadeaux.
Le contrat ne serait pas complet si le fiancé n’avait pas offert les classiques « joyaux nuptiaux ».
Tout le monde se sépare, apparemment satisfaits, peut-être après un petit repas en commun.
Mais le 3 janvier 1669, un acte officiel indique que « après la consumation dud. mariage lesd.  parties  auroint demeurer quelque temps ensemble et enfin seroint venus dans une haine et inimittié extraordinaire et sur le point de quelque mauvais ostacl » La séparation est inévitable.

 
 

Un contrat de mariage est passé le 3 janvier 1673 chez Me Brugière de Venterol, entre Anthoine Pellegrin, fils de feux Louis et Catherine Marre et Izabeau Crozet, fille de Philibert Crozet et Claude Duplan.
Les dotations sont un peu plus importantes. Le père d’Isabeau lui donne 120  livres tournois, payables en quatre années. Il lui remettra le jour du mariage religieux deux brebis « bon bétail » et sa mère 30 livres et deux linseuls.
Le jour des noces, le fiancé fournira à sa fiancée robes et joyaux nuptiaux jusqu’à une valeur de trente livres tournois. S’ensuivent les conditions d’augment de dot et les dispositions en cas de veuvage de la fiancée.
Mais le mariage n’est pas prononcé, la fiancée se trouvant enceinte du fils de son employeur et obligée de déclarer cette situation au juge.

Deux ans passèrent et le 2 février 1676 Isabeau contracte mariage avec François Aubrespin de St Pantaléon. L’acte contient les mêmes donations de ses père et mère. Cette fois le mariage a bien lieu.
Les mariés s’installent à Saint Pantaléon, et on peut supposer, et espérer, que le couple a mené une vie tout à fait normale.