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L’exploitation du lignite de Saoû

Par Marylène Marcel Ponthier

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°77 de mars 2019 pp. 33 à 36

Résumé d'après l'article

 
 

Le village de Saoû
 

 

Dès le début de la guerre de 1914, le Gouvernement français réquisitionne les  mines de houille au bénéfice du service des Armées.
Les mois passent, et la population parvient, cahin-caha, à se chauffer et à cuisiner.

Mais l’hiver 1916-1917 est glacial, les habitants grelottent et la question du charbon redevient primordiale.
Fin juin 1917, la population apprend que chaque famille va avoir droit à 50 kilos de charbon par quinzaine, mais un ménage modeste brûlant au minimum 10 kg de charbon par jour, en 5 jours sa provision sera écoulée…
L’utilisation des cartes de charbon ne résout pas le problème de la pénurie.
Le 10 avril 1918, le préfet de la Drôme prend un arrêté stipulant que pour des raisons d’ordre militaire, l’attribution mensuelle consentie à la ville de Montélimar sera provisoirement réduite à 100 tonnes.

 
 

 

 

 

C’est alors qu’au milieu de toutes les mauvaises nouvelles – car outre le charbon, il y a  pénurie de viande, de farine, de beurre, d’œufs et de tabac – voilà que Louis Chancel, le maire de Pont-de-Barret, annonce qu’on a trouvé du lignite dans la Drôme, à Saoû très exactement.
Oh, certes, ce combustible ne vaut pas la bonne houille, mais…

Ce gisement est immense, la production devrait atteindre 6 000 tonnes en décembre et à au  moins 25 000 tonnes l’année suivante.
De quoi approvisionner toute la population !

 

Louis Chancel (1848-1934)
 
 

Vestiges de l'exploitation du lignite à Saoû
 

 

 

 

Début juillet 1918, le directeur, Charles Émorine, le confirme : il a réservé du lignite pour la ville de Montélimar, à charge pour elle de le prendre directement à la mine, de septembre 1918 à fin avril 1919.
Mais c’est à grand-peine par manque de moyens de transport.

Finalement, en octobre 1918, le maire annonce qu’il ne faut plus compter sur les lignites de Saoû : l’extraction a été stoppée !
C’est la mauvaise qualité du lignite qui en fit abandonner  l’exploitation : ce lignite contenait 40 % de cendre, il ne pouvait rendre aucun service.

En définitive, c'est l’armistice, signé le 11 novembre 1918, qui mettra fin au dilemme et à la pénurie.