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Des étrangers dans le Vercors

Par Philippe Hanus

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°68 de décembre 2016 pp. 25 à 29

Résumé d'après l'article

 
 

Stèle de Rousset-en-Vercors
 

 

 

 

 

Nous proposons ici un panorama non exhaustif des différentes populations dites étrangères présentes dans le Vercors, du milieu des années 1930 à la période de la Reconstruction.

Comment saisir les figures de l’étranger sous leurs multiples acceptions, statuts et conditions  sociales d’alors –  immigré, réfugié, exilé, déplacé, requis, prisonnier… ?

Au cours des années 1930, dans un contexte de hausse du chômage, et de montée de la  xénophobie, les gouvernements successifs de la Troisième République mettent en place des  politiques migratoires tantôt libérales, tantôt restrictives, parfois les deux. C’est ainsi que  l’épithète « indésirable » devient un lieu commun.

Les réfugiés politiques n’ont toutefois représenté qu’une partie des immigrants ayant vécu à l’intérieur du massif ou dans ses piémonts durant les Années Troubles.

 
 

La  présence d’étrangers « au pays » – au sens de bassin de vie –  surprend toujours, dérange et s’accompagne de réactions diverses, exacerbées en contexte de crise : hostiles, mitigées ou bienveillantes. Or, paradoxalement, le contexte de guerre favorise, à l’intérieur même des  frontières de l’Hexagone, d’incessants mouvements de population.

Le massif du Vercors reçoit des réfugiés espagnols, accueille et protèges des familles juives, emploie des indochinois comme manœuvres, intègre des tirailleurs dits « sénégalais » dans les maquis…  Ajoutons les déserteurs de l’armée allemande ainsi que les prisonniers de guerre.

Le rôle important joué par les étrangers dans la Résistance s’explique par le fait qu’un certain nombre d’entre eux avaient déjà une expérience concrète de la lutte armée dans leur pays.

 

Tirailleurs sénégalais dans le Vercors
 
 

Loin d’être un phénomène marginal, le déplacement contraint ou volontaire fut une  expérience centrale dans la vie des Européens et des peuples colonisés durant la guerre.
Va-t-on vers une reconnaissance publique des mémoires de l’immigration ? De nombreux  exemples témoignent d’un mouvement de réveil mémoriel, ne serait-ce que depuis l’ouverture du Musée de l’Histoire de l’Immigration à Paris.