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Les Drômois et la guerre 1914-1920

Par Alain Sauger

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°77 de mars 2019 pp. 29 à 32

Résumé d'après l'article

 
 

Ouvriers tonkinois, cartoucherie de Bourg lès Valence
  En ce mois de juillet 1914, la plupart des Drômois ne croit pas à l’imminence d’un conflit.
Dans ce département majoritairement rural, c’est la moisson qui est l’objet de toutes les attentions pour la plupart des habitants. Quelques heures plus tard, le départ des mobilisés se fera pourtant dans un ordre parfait. Tous estiment la France une nouvelle fois envahie par l’Allemagne prussienne, comme après la guerre de 1870-71.
Il faut donc en terminer une bonne fois pour  toutes avec ce voisin conquérant.

Cette mobilisation massive change de manière importante les conditions de la vie quotidienne.
Le travail des femmes, des enfants et des personnes âgées est ainsi largement mis à contribution pour pallier ce départ de la plupart des hommes de 20 à 48 ans.
Tout au long de  la guerre on va devoir trouver une main-d’œuvre de remplacement. La solidarité s’exprime pleinement et la plupart des communes jouent ce rôle d’accueil.
 
 

Pour soigner les blessés qui affluent dès 1914 en grand nombre du fait de la lourdeur des pertes humaines dès premières semaines, on réquisitionne les écoles et tous les locaux disponibles.

L’ampleur des réquisitions modifie également le cadre de vie puisqu’en deux ans près d’un quart du bétail local va ainsi disparaître.
Un département agricole comme la Drôme doit contribuer à la nourriture des énormes effectifs militaires.
Les besoins en charbon des industries sidérurgiques d’armement se conjuguent avec le très rude hiver de 1917 pour aggraver une pénurie de charbon, si bien qu’il faut rapidement en rationner la distribution.

Devant cette accumulation de difficultés dans la vie quotidienne, les autorités vont devoir veiller à entretenir le moral patriotique. On multiplie les journées dédiées aux soldats sur le  front, les enfants, à travers l’école  sont un public particulièrement  visé : lectures, exercices  d’arithmétique ou travaux manuels s’inspirent du pays en guerre.
Toutes ces mesures ne  peuvent empêcher le moral de l’arrière de progressivement s’éroder. Bien plus, des grèves se multiplient à partir de 1916. Les ouvrières du moulinage de soie de Saulce cessent le travail pour protester contre les conditions qui leur sont faites, et surtout grève à la Cartoucherie de Bourg-lès-Valence, établissement national essentiel en période de guerre.

 

abécédaire en usage dans les écoles drômoises (1916)
 
  Les revendications prennent même un tour politique, évoquant la révolution qui a eu lieu en Russie où, dit-on « les usines appartiennent maintenant aux ouvriers ».

Il est donc temps que cette guerre se termine, et partout on note des explosions de joie quand les cloches annoncent que l’armistice est signé, le 11 novembre.
En fait, c’est plutôt de soulagement que de joie dont il faudrait parler. Les pertes sont en effet énormes.
La  guerre laisse donc de profondes plaies qui vont perdurer pendant tout le siècle.