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Un site inspiré : Claude Courtot

Par Philippe Haeringer

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°79 de septembre 2019 pp. 30 à 33

Résumé d'après l'article

 
 

La rivière Bez, torrentielle, va rencontrer la Drôme
 

 

 

 

 

La commune de Saint-Roman, dans le bas du Haut-Diois, lieu de la rencontre des deux rivières fondatrices de la combe dioise, le Bez et la Drôme.

L’eau est évidemment l’acteur principal de ce lieu, eaux vives ou dormantes, torrentielles ou  paisibles, résurgentes ou profondes et secrètes.
Mais c’est aussi le domaine du castor, que l’on remercie d’avoir bien voulu, depuis un demi-siècle, remonter le cours des eaux depuis la vallée du Rhône.

 
 

 

Plus oublié, méconnu même, en ce lieu, malgré son renom académique : un écrivain poète qui, jadis, habita juste au-dessus de la ligne de flottaison : Claude Courtot (1939-2018), récemment disparu.
Ce professeur de lettres classiques, disciple et continuateur d’André Breton, avait choisi et acheté un très modeste « cabanon des vignes » pour y passer chaque année, avec son épouse et sa fille, quelques semaines estivales au plus près de la nature.

Depuis, l’écrivain Claude Courtot, son épouse et sa fille, ont été contraints de se séparer de leur pied-à-terre estival, le « cabanon de Sest », à la suite de cambriolages répétés.

 
 
 

Un observatoire. À l'horizon, les 2000 mètres de la montagne de Glandasse
 

Aujourd’hui, après un projet de barrage inepte destiné à l’irrigation des maïs, à la fin des années 80, un programme de sauvegarde et d’aménagement de cet exceptionnel périmètre naturel d’eaux et de joncs propose un cheminement balisé conduisant à un « observatoire »  rustique.

Restait, pour l’enchantement de ce lieu, une statuette à demi immergée dans les eaux de la résurgence ( les « nays »), nichée au plus secret des petits plans d’eau entretenus par les castors. On ignorait son origine, et on pouvait y voir soit une naïade, soit une vierge, une vierge noire. Elle avait son mystère, sa dimension sacrée, mais aussi son utilité : elle permettait d’évaluer les variations du niveau des eaux.
Et bien aujourd’hui, dernier jour de mai, j’ai constaté, effaré, la disparition de la nymphe, de la vierge noire… quelqu’un a osé s’emparer de cette pierre sculptée.
Quant à moi, je suis désenchanté. Je n’irai plus dans le joli bois des Nays.