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  Arno Stern
Par Jean-Louis Bernezat
Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°71 d' octobre 2017 pp. 37 à 39

Résumé d'après l'article

 
 

Marecelle Bouvier, Paul Bernezat et Arno Stern (1941)
 

 

 

 

 

En 1941, israélites d’origine allemande, Arno Stern et ses parents s’étaient réfugiés à Valence  où, Place de La Visitation, ils louaient un petit logement.
« Mon père avait loué une grande chambre avec deux alcôves, dans l’une desquelles était mon lit », écrivit plus tard Arno dans un de ses ouvrages.

Arno fréquentait l’École d’Art municipale dont mon père, Paul Bernezat, était alors le directeur. 1942 et surtout 1943 furent des années terribles pour les Juifs. Les rafles devenant de plus en plus fréquentes conduisirent alors Monsieur Stern à demander à mes parents de leur trouver rapidement un lieu de refuge dans une ferme du Vercors.

Les rudes conditions de vie des paysans du plateau du Vercors à cette époque ne durent pas convenir aux Stern, malgré une nourriture certainement plus abondante qu’en ville, car, après quelques jours, mes parents eurent la surprise de voir revenir chez nous toute la famille, prête à tomber dans la gueule de loup !
Revenir à Valence est de la folie, dit Roger Marty, mon oncle qui travaillait à la préfecture. Ils sont recherchés.

 
 

Le mieux à faire est de les cacher dans votre cave, conseilla-t-il à mes parents.
Je ne me souviens pas combien de temps les Stern séjournèrent dans notre cave et de combien de temps il fallut à Roger Marty pour organiser leur passage en Suisse.

La guerre terminée, Monsieur Stern revint à Valence pour récupérer ce qu’il avait laissé dans  notre cave, puis il quitta Valence sans prendre la peine de remercier ni mes parents, pour les  risques qu’ils avaient pris pour sa famille, ni mon oncle Roger Marty et on n’entendit plus jamais parler des parents Stern !

Plus tard, mes parents apprirent par le peintre André Laurent qu’Arno avait développé à Paris un cours de peinture, l’Académie du Jeudi, qui devînt plus tard le Closlieu, où il laissait les enfants s’exprimer comme ils le désiraient.

Prévenu du décès de mon père, en 1987, je reçus d’Arno cette réponse que j’ai conservée  (lettre du 25 VIII 87) : « La vie devrait permettre de  ne  jamais  ajourner  une  lettre amicale  ou  une  visite.  Mais  tant d’obligations mangent notre temps ! »

 

Collage du jeune J.-L. Bernezat (1946)